[ L’histoire de l’atelier et de son artisane . . .]

" La maroquinerie est un domaine riche de questionnements et de réflexions, la pratique ne peut être abordée qu'avec conscience de l'acte et du geste au vue de sa provenance (le vivant).

De par son origine animale le cuir est une matière plus que précieuse qu'il faut consommer avec bon sens et discernement.

Par ses qualités il peut traverser les âges et par la transmission il peut à son tour devenir le messager d'un temps révolu ".

"Passionnée depuis toujours par les savoir-faires manuels, la création universelle et les métiers d’antan, c'est en croisant plusieurs chemins de vie que l'atelier prit naissance. Suite à un parcours dans le domaine équestre et après un diplôme d'attelage en poche, je décide de m’intéresser de plus près aux objets utilitaires qui entourent notre quotidien.

Ayant grandi au cœur de la campagne loin des villes et proche de la terre, là où la transmission se fait par "l'intelligence de la main", ma route semblait déjà s’orienter vers un domaine manuel depuis mon plus jeune âge . Ce n'est pourtant que des années plus tard que la question du travail artisanal revint de plus belle après avoir parcouru quelques prairies et après avoir pris le temps de vivre avec la nature.. C'est en rencontrant un ancien bourrelier sur ma route, mêlé à diverses réflexions personnelles autour de l’autonomie au sens large, qu'au fil des années, l'envie de créer mon propre atelier vint doucement germer dans un coin de ma tête.

Quelques coutures et ampoules plus tard, je pris la décision de me former en passant mon diplôme de maroquinière à Mazamet dans le tarn. C'est en Novembre 2017 que l'atelier est officiellement créé et que l'aventure commence. Soucieuse de proposer des articles qui gravitent autour de convictions qui me sont chères, c'est avec patience, douceur et travail que le projet se met en place pour ainsi devenir : L'atelier Abakar. 

Pourquoi Abakar ? Un petit clin d’œil à "l'abat carre", outil traditionnel propre au cuir servant à rogner les angles vifs après découpe. L'outil que l'on apprend à ses débuts et dont on se rappelle parfois avec nostalgie ".

 

 

 

 

 

Cécile, maroquinière

  et créatrice de l’atelier Abakar 


Qualité du cuir et démarche alternative

 

  Le choix des peaux est effectué auprès de négociants français du sud de la France , le cuir provient de grandes enseignes de maroquinerie ou d'anciennes collections déclassées. Par cette action l'atelier valorise une matière qui sort du circuit classique. J'ai donc fait le choix de ne pas "commander" de peaux directement en tannerie en trouvant une solution alternative. De par la consommation excessive de cuir par les industries, de nombreuses peaux sont déjà présentes sur le marché français et européen, il me semble donc préférable d'inscrire l'atelier dans une démarche alternative de valorisation des excédents mis hors-circuits.

Le contexte écologique actuel conjugué à notre bon sens ne nous permet pas et plus de "gâcher" des matières si précieuses.

Une entaille, une griffure, un mauvais plis ou encore une couleur qui n'est plus de mode ne sont à mon avis pas une assez bonne raison pour mettre au rebus toute une peau de qualité. Qu'à cela ne tienne ! Nous découperons autour et/ou accepterons quelques petites imperfections !

(l'atelier ne dispose pas de presses de découpe et plaques emporte-pièces ce qui permet une flexibilité dans le choix des découpes uniques)